Engagement de la Fondation Roger Federer

Depuis 2013, la Fondation Roger Federer soutient le programme Bokamoso pour promouvoir le développement de la petite enfance et l'éducation dans des zones rurales du Botswana et en particulier pour les communautés autochtones marginalisées San. L'objectif est d'offrir une formation formelle au personnel de la propre ethnie qui travaille dans l'éducation de la petite enfance et les soins, Bokamoso vise à atténuer le problème du taux élevé d'abandon scolaire des enfants à l'école primaire. Ils veulent également sensibiliser les parents et les communautés sur l'importance de la petite enfance et de l'éducation formelle. Le conseil a destiné un montant total de CHF 1'330'000 pour ce programme. En décembre 2015, le programme était évalué et les résultats suivants ont été confirmés:

  • Les 14 écoles préscolaires auparavant fermées ou sous-exploitées sont toutes rouvertes et plus ou moins remises en état grâce à l’initiative des communautés villageoises.
  • La mobilisation de la population a cependant été très différente selon les communes.  Dans deux d’entre elles, les écoles préscolaires n’ont été rouvertes que grâce à l’initiative des éducatrices des écoles elles-mêmes et l’intégration des populations locales a été minime. En revanche, dans les autres écoles préscolaires, le degré d’adaptation aux enfants, la sécurité, l’espace de jeu disponible, le matériel scolaire et l’hygiène ont reçu la note « supérieur à la moyenne ». Dans deux cas, des locaux supplémentaires ont même été mis à disposition par les communes pour accueillir un plus grand nombre d’enfants et ouvrir deux classes.
  • Les 24 candidates ont réussi leur formation avec succès et ont été engagées par leurs communes en tant qu’éducatrices d’école préscolaire. Sur la base des observations en salle de classe, la qualité de l’enseignement oscille entre « moyen » et « supérieur à la moyenne » au regard du degré d’adaptation aux enfants, de l’utilisation du matériel didactique, de la créativité et de l’interactivité de l’apprentissage. Ici, les apprenants doivent être encore mieux intégrés dans la deuxième phase du programme. Une difficulté est survenue que 15% des éducatrices diplômées grâce au programme ont été recrutées dans des écoles primaires entre-temps. D’un point de vue global, cela ne représente pas une perte pour les enfants, mais il manque désormais de nouveau le savoir-faire spécifique à la prise en charge des élèves de niveau préscolaire. Cela est pris en compte par un programme de formation complémentaire.
  • Dans les 12 écoles primaires, le taux d’absence des enfants San a diminué de 7%, bien qu’ici encore les résultats entre les différentes communes soient très différents. Dans l’une des communes, où la population est particulièrement engagée, le taux d’absence a même baissé de 16%. Les réussites dans le domaine de la déscolarisation sont particulièrement impressionnantes. Dans cinq écoles, aucun élève n’a arrêté l’école en 2015. Dans les autres écoles, le taux est descendu de 5% pour atteindre une moyenne de 3,5%.
  • De plus, en trois ans de programme, 337 enfants ont repris le chemin de l’école, alors qu’ils avaient mis un terme à leur scolarité. Les directions des écoles ont confirmé ces résultats avec l’aide des professeurs titulaires.
  • Pour assurer la durabilité d’un programme après le retrait des facteurs de motivation externes, la gestion de l’enseignement précoce par la commune est d'une grande importance. Comme nous l’avons déjà mentionné, celle-ci n’est que minime dans deux communes, ainsi, s’investir plus dès maintenant dans une deuxième phase n’aurait que peu de sens. Dans les autres communes, la responsabilité de la population locale obtient la note « supérieur à la moyenne », ce qui, dans le contexte des San, peut être considéré comme un succès inattendu. La note « moyen » seulement a été attribuée à l’engagement des parents en ce qui concerne l’éducation de leurs enfants. Cette note s’explique par le fait que le nombre d’enfants scolarisés n’a pas atteint les chiffres estimés et se monte à seulement 2 000 enfants au lieu des 5 500 prévus. Ici, la sensibilisation doit être poursuivie.

En raison des conclusions de l’évaluation, la deuxième phase, lancée en janvier 2016, a été planifiée sur deux ans avec les objectifs suivants :

  • Dans neuf écoles préscolaires, d’autres mesures sont nécessaires pour assurer de manière durable la qualité de l’éducation.
  • Les communautés villageoises doivent être encore davantage sensibilisées à l’importance de l’enseignement précoce, et mobilisées et mentorées sur la manière de mieux s’organiser.
  • Les éducatrices des écoles préscolaires ont besoin d’un accompagnement supplémentaire en salle de classe.
  • Des personnes-relais vont être nommées (« knowledge brokers ») qui veilleront à l’amélioration constante des écoles préscolaires.
  • Dans les communes, le travail avec les parents reste au centre des préoccupations afin de continuer à faire augmenter le taux de scolarisation et la bonne gestion des écoles.
  • 19 éducatrices d’école préscolaire et 533 enfants bénéficieront de ces mesures. 

De plus, Bokamoso a développé un cours de qualification reconnu par l’État pour les éducatrices d’école préscolaire. L’objectif est qu’en 2018, au moins une candidate issue d’une des écoles préscolaires concernées, qui ne se trouve pas dans une colonie San, obtienne un diplôme. Nous comptons sur 360 diplômées. Les 47 premiers candidats des régions de Chobe, Okavango et Ghanzi ont déjà débuté leur formation. Les communes doivent participer à 25% aux frais de formation afin d’assurer leur soutien et respecter leurs obligations envers les écoles préscolaires. Cet apport sera remboursé après trois ans et devra être réinvesti dans les écoles préscolaires.


Notre partenaire d'implémentation Letloa/Bokamoso Trust

«Letloa Trust» est une organisation compétente de la «Kuru Family of Organisations» (KFO), un groupe de huit organisations non gouvernementales actives au Botswana et en Afrique du Sud. «Bokamoso Trust» est une des huit organisations sous tutelle qui se concentre sur la promotion de l'éducation pour les San. Ils poursuivent l'objectif des San, l’un des groupes de populations autochtones dans le sud de l'Afrique les plus vulnérables, de déterminer leur propre avenir. Les San ont vécu des milliers d'années dans le désert du Kalahari. Jusqu'à récemment, ils pratiquaient la chasse et la cueillette nomade. Leur économie traditionnelle est touchée depuis de nombreuses décennies en raison de la perte de terres et d’une réduction de l'accès aux ressources naturelles. Les San sont aujourd'hui l'une des populations les plus marginalisées en Afrique australe et l'intégration des enfants San dans le système éducatif formel est faible. Actuellement, la KFO, grâce à son travail, atteint 40% des San au Botswana et 70% en Afrique du Sud. La KFO traite prioritairement les questions suivantes afin de faciliter la participation et l'autonomisation de ses groupes cibles : les terres et les moyens de subsistance, la santé, la culture et l'éducation.

Le rôle de «Letloa Trust» est de donner une orientation stratégique visant à accroître le nombre de membres, à guider l’administration pour les questions techniques, institutionnelles et financières ainsi que le financement et de mener un certain nombre de programmes transfrontaliers. «Bokamoso Trust» est l'organisation d'implémentation.

www.kuru.co.bw/Letloa.html

Carte

Faits Botswana

Population
2 Mio
San population
50000
Taux de scolarité primaire
87%
Taux de scolarité préscholaire
16.5%
Taux d'analphabétisation
17%
Interruption scholaire à Ghanzi
55%

Galerie Photo